Le lac du Val de Saune
Vue aérienne du lac du Val de Saune, entre les maisons du village et les champs.

Sainte-Foy-d'Aigrefeuille, Haute-Garonne

Ce que prévoient les travaux sur le lac du Val de Saune

Un arrêté du préfet de la Haute-Garonne, signé le 11 mai 2026, autorise le Syndicat du Bassin Hers Girou à restaurer le lit de la Saune. Le syndicat a présenté le projet aux habitants le 8 octobre 2026. Le chantier va transformer le lac et ses abords jusqu'à fin 2028. Cette page reprend ces deux documents pour les habitants qui vivent autour du lac ou s'y promènent.

Photo : SBHG, présentation du 8 octobre 2026

Les chiffres du projet

  • 500 m

    de nouveau lit pour la Saune, à côté du lac

  • 62 000 m³

    de vase retirés du fond du lac

  • 2 ha

    de milieux humides créés autour de l'île

  • 400 m

    de berges retravaillées en aval du lac

Pourquoi ces travaux

Le lac a été creusé en 1985 directement dans le lit de la Saune. La rivière le traverse et y dépose la terre qu'elle transporte.

Le lac a perdu l'essentiel de sa profondeur. Des bancs de terre émergent et l'eau se réchauffe. Sa qualité se dégrade dans le lac et dans la Saune en aval, et des poissons meurent.

Selon le syndicat, le lac « évolue inexorablement vers un milieu de type marais ». Séparer la rivière du lac doit arrêter ce comblement.

Voir l'état du lac dans la présentation du 8 octobre

  • 2,4 m

    de profondeur moyenne en 1985

  • < 50 cm

    de profondeur moyenne aujourd'hui

  • 5,8 ha

    de surface d'eau

  • 49 l/s

    de débit moyen de la Saune en août

Les travaux prévus

L'arrêté décrit les opérations ci-dessous. Elles visent, selon ses termes, à « améliorer les fonctionnalités écologiques de la Saune » et à restaurer les fonctionnalités naturelles des milieux aquatiques.

Opération 1

Un lit à part pour la Saune

Aujourd'hui, la Saune passe par le lac. Après les travaux, elle coulera dans son propre lit, sur 500 mètres, le long de sa rive droite, en haut du plan. Ce nouveau lit est creusé en partie dans l'emprise actuelle du lac.

En amont, un chenal reçoit la rivière. En aval, un chenal plus pentu la ramène dans son lit naturel au niveau du seuil existant. Un radier de fond, c'est-à-dire un fond de rivière renforcé avec des pierres, empêche l'eau de creuser le lit à cet endroit.

Une large bande de terre sépare la rivière du lac. Selon le syndicat, elle servira de chemin et de zone de détente. Elle porte trois déversoirs : en cas de crue, la Saune déborde vers le lac par ces passages prévus pour ça. Le nouveau lit comporte des méandres et des banquettes, et des arbres sont plantés sur ses berges.

Opération 2

Une prise d'eau pour remplir le lac

Une fois séparé de la rivière, le lac reçoit son eau par un ouvrage construit en amont du nouveau chenal. Une canalisation de 60 mètres et d'un mètre de diamètre conduit l'eau prélevée dans la Saune jusqu'au lac.

Le plan fixe le niveau du lac après travaux à 156,10 m NGF. Le NGF est la référence officielle des altitudes en France.

Opération 3

Le curage du lac

Le lac sera vidé, puis la vase séchera plusieurs mois avant d'être extraite. L'arrêté chiffre le volume à 62 000 m³. Cette vase est déposée dans des lagunes proches du lac ou sur des terres agricoles.

Le plan indique une zone qui ne sera pas curée, au centre du lac, avec la mention « vases polluées aux BTEX ». Les BTEX sont une famille de polluants issus des hydrocarbures : benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes.

Selon le syndicat, le chantier déplace environ 80 000 m³ de terre, dont 45 000 m³ stockés définitivement. Environ 10 000 m³ de terre polluée sont placés dans deux anciennes lagunes rendues étanches. Des plantes choisies pour capter ou dégrader les polluants y sont installées : c’est la phytoremédiation.

Opération 4

Des milieux humides autour de l'île

Des milieux humides sont créés sur environ deux hectares, autour de l'île existante et dans l'anse sud-est du lac. Le plan montre l'île agrandie, une roselière sous le niveau de l'eau et une saulaie hors d'eau sur le bord droit du lac.

Opération 5

La Saune en aval du lac

Sur 400 mètres, entre la sortie du lac et la passerelle, les talus de la rive gauche sont adoucis et deux lagunes sont en partie remblayées.

Le fossé qui se jette aujourd'hui dans la Saune est détourné vers ces deux lagunes, restaurées en milieu humide. Il rejoint la rivière plus en aval. Une levée de terre est construite pour améliorer l'écoulement de l'eau dans ce secteur.

Selon le syndicat, la renaturation de la rivière sur ces 400 mètres a été réalisée en 2025. Les lagunes restent à transformer : les deux grandes seront comblées et végétalisées, les deux petites conservées en zone humide.

Le plan d'ensemble

Ce plan est annexé à l'arrêté. Il a été établi par le bureau d'études Artelia. La rivière arrive par la droite du plan et repart par la gauche. Le nouveau lit longe le haut du lac, entre les deux pistes claires. Les lagunes sont à gauche, les deux bassins de décantation des eaux de pluie en bas.

Vue aérienne du lac avec le tracé des travaux : nouveau lit de la Saune en haut, déversoirs, île agrandie, roselière, lagunes à gauche et bassins de décantation en bas.
Plan « Vue d'ensemble du projet », phase PRO, photographié sur l'affichage officiel. L'image ouvre le plan en pleine taille.

Calendrier

  1. 2 avril 2024

    Première réunion de présentation du projet.

  2. 23 juillet 2024

    Seconde réunion de présentation du projet.

  3. 21 janvier 2026

    Le dossier de déclaration du syndicat est jugé complet par l'État.

  4. 11 mai 2026

    Le préfet de la Haute-Garonne signe l'arrêté qui autorise les travaux.

  5. 8 octobre 2026

    Le syndicat présente le projet et son calendrier en réunion publique.

Le chantier annoncé

Octobre 2026 à février 2027

Travaux forestiers préparatoires.

2027

Le lac est mis à sec progressivement en mars et avril. La Saune est dérivée en mai. Le lac et la rivière sont séparés pendant l’été, puis la Saune coule dans son nouveau lit à partir de novembre.

2028

Le lac est curé et aménagé d’avril à novembre : bassins de décantation, lagunes, zones humides et plantations. Il est remis en eau en décembre.

Le lac sera donc vidé au printemps 2027 et remis en eau en décembre 2028. Ces dates sont celles présentées le 8 octobre 2026, quand les marchés de travaux étaient en cours d'attribution.

L'arrêté ajoute deux contraintes de saison. Aucune coupe de végétation n'a lieu entre mars et septembre. Les travaux dans le lit de la Saune se font en période de basses eaux.

Voir le calendrier mois par mois

Pendant le chantier

L'arrêté impose au syndicat une série de règles pour protéger l'eau, les animaux et les plantes pendant les travaux. Les agents de la police de l'eau ont libre accès au chantier et peuvent demander les documents utiles.

La rivière et le lac

  • La qualité de l'eau est mesurée pendant les travaux. Si la quantité de matières en suspension dépasse 1 000 mg/l, ou si l'oxygène dissous descend sous 4 mg/l, le chantier s'arrête au moins deux heures, jusqu'au retour sous le seuil.
  • Des filtres à sédiments et des bassins de décantation retiennent la boue avant qu'elle n'atteigne la rivière.
  • Les eaux qui ont servi au béton sont récupérées et traitées. Aucune n'est rejetée dans la nature.

Les sédiments pollués

  • Les sédiments pollués sont déposés dans des lagunes. Avant tout rejet vers la Saune, l'eau qui s'en écoule est contrôlée à la sortie de la lagune nord.
  • Ce contrôle porte aussi sur les PFAS, les composés chimiques que l'on surnomme « polluants éternels » parce qu'ils se dégradent très peu. Les résultats sont transmis à la police de l'eau.

La faune et la flore

  • Les zones humides déjà recensées dans l'emprise du chantier sont balisées et protégées pendant toute la durée des travaux.
  • La fédération de pêche est consultée avant la vidange, pour décider s'il faut sauver les poissons avant que le lac soit vidé.
  • Le chantier doit éviter la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Les engins et les crues

  • Les engins et les matériaux restent dans les espaces de travail définis. Dans le lit de la rivière, les engins ne circulent que lorsque c'est nécessaire et sont équipés de kits antipollution et d'huiles végétales.
  • Les produits dangereux sont stockés sur des aires étanches, loin de l'eau et des zones humides. Aucun déchet n'est enfoui sur place.
  • À la fin de chaque journée de travail, le matériel est sorti de la zone inondée lors des crues fréquentes. Un site de repli hors zone inondable accueille les engins en cas de crue.
  • Une signalétique sur place informe sur le chantier.

Ce que le syndicat a ajouté le 8 octobre

  • Un écologue indépendant est intégré au suivi du chantier.
  • Une barrière provisoire empêche les amphibiens d'entrer sur le chantier.
  • Le lac est vidé progressivement, avec une pêche de sauvegarde des poissons.
  • Les travaux sont interdits de mi-mars à fin juillet, possibles début mars et début août, et conseillés le reste de l'année.

Le service de la police de l'eau de la direction départementale des territoires est invité aux réunions de chantier et en reçoit les comptes rendus. Tout incident, en particulier un rejet accidentel, doit être déclaré au préfet et au maire de Sainte-Foy-d'Aigrefeuille.

Vos droits et vos démarches

Consulter les documents

L'arrêté est affiché en mairie pendant au moins un mois. Il est publié pendant au moins six mois sur le site internet des services de l'État en Haute-Garonne. Le dossier complet du projet peut être mis à disposition sur demande.

Contester la décision

L'arrêté peut faire l'objet d'un recours devant le tribunal administratif, par courrier ou sur telerecours.fr. Le texte mentionne un délai de deux mois. Pour savoir à partir de quand ce délai court dans votre situation, renseignez-vous auprès du tribunal ou d'un professionnel du droit.

Qui fait quoi

Porteurs du projet
La commune, le syndicat et la communauté de communes Terres du Lauragais
Maître d'ouvrage
Syndicat du Bassin Hers Girou, 45 rue Paule Raymondis, 31200 Toulouse
Bureau d'études
Artelia, agence de Toulouse
Coût annoncé
4,5 M€ TTC pour les études et les travaux, partagés à parts égales entre la commune et le syndicat. La commune devrait garder environ 1 M€ à sa charge.
Financeurs sollicités
Agence de l'eau Adour-Garonne, Région Occitanie, Département de la Haute-Garonne et État, au titre du programme France Nation Verte
Contrôle
Police de l'eau, direction départementale des territoires de la Haute-Garonne

Ni l'arrêté ni la présentation du 8 octobre ne disent si le lac et ses chemins restent accessibles pendant les travaux. Pour cette question, la mairie et le syndicat sont les interlocuteurs.